L'oeuvre de la quinzaine

Portrait présumé de Madeleine, par Marie-Guillemine Benoist, 1800 (2de 1)

Par FREDERIQUE ASTOUBE, publié le vendredi 7 mars 2025 11:32 - Mis à jour le mardi 11 mars 2025 11:17
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Portrait présumé de Madeleine, anciennement intitulé Portrait d'une négresse puis Portrait d'une femme noire, par Marie-Guillemine Benoist, 1800, huile sur toile,  0,81 m x 0,65 m, Louvre

 

Je m'appelle Madeleine, je suis une esclave émancipée à qui on a rendu la liberté après toutes ces années d'esclavage.

Je vis maintenant chez la belle-soeur de Marie-Guillemine Benoist, une peintre qui défend la cause des esclaves et qui a décidé de me représenter moi.

Elle m'a revêtue d'une étoffe blanche avec une cordelette rouge et m'a demandé de m'asseoir sur une chaise recouverte d'un drap bleu. Le tissu blanc laisse ma poitrine semi-découverte. Un autre tissu blanc enveloppe ma chevelure, "comme le bonnet phrygien", a-t-elle dit. Je l'ai regardée s'installer devant son chevalet et je suis restée immobile, le regard fixé dans sa direction comme demandé.

Madame Benoist m'a expliqué la raison d'une telle mise en scène. elle voulait me représenter en Marianne incarnant la liberté. 

Moi, femme noire affranchie et maintenant nourrice de cette famille, je suis donc l'inspiratrice du célèbre Portrait d'une femme noire. En 2019, on s'est souvenu de mon prénom, et mon portrait, pièce d'histoire, exécuté par l'une des rares femmes peintres de l'époque, est exposé au Louvre,

Estelle Caillot, 2de 1